SGE.COFondation1

Bonjour chers Griffonautes,

 

Je ferais deux résumés sur la trilogie d'Isaac Asimov « Fondation ». Une histoire des plus détonantes dont un film sera fait d'ici 2021. Voir le lien : http://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=18438.html

ici, je couvre les deux premiers tomes, le troisième sera vu plus tard.

 

Au début, un homme de science Hari Seldon crée une science capable de prédire l'avenir via la psychohistoire; science mélangeant notions psychologiques et tendances statistiques. Il avise les autorités du temps qu'une chute catastrophique de l'empire est éminente. Il propose aussi un moyen pour rebâtir l'empire déchu, lequel prendra 1000 ans ou 30 000 ans si on renonce à son plan, intrigue plutôt loufoque, j'me suis dit ! Le truc des mille ans, c'est d'établir la Fondation, une communauté de scientistes en une planète à l'autre bout de la galaxie, celle-ci va se charger de compiler et développer la science, afin de garder la lumière de la civilisation au milieu d'un empire plongé dans les ténèbres de la Barbarie.

Il y a aussi dans cette trilogie, un besoin affiché de façon répétée que la meilleure façon de combattre la violence n'est pas dans l'approche d'un rapport de force, plutôt la défier et l'écraser avec le recours de l'intelligence, de l'astuce et de la sagesse....Et cela crée souvent des situations complexes et inusitées, ou l'humour à une place de choix.

Cette façon de faire contraste avec brio l'usage de la force avec le dialogue. Cet idéal profondément démocratique est une constante imbriquée partout dans l'œuvre et est superbement décrit par cette citation :

  • « La Violence, rétorqua aussitôt Hardin, est le dernier refuge de l'incompétence. » (page 119, tome 1)

 

Il y a aussi des réflexions philosophiques de nature diverses, lesquelles donnent une couleur captivante aux dialogues et scènes, par exemple, une sur la valeur de la réussite, assez réussie :

 

 

  • « Pour réussir, il ne suffit pas de prévoir. Il faut savoir aussi improviser. » (page 291, tome 1)

Le tome 2 est divisé en deux parties, avec celle du général, homme au style impulsif et la deuxième avec le mutant, un humain méprisé et négligé en sa jeunesse, lequel parvient grâce à un pouvoir exclusif à lui seul de se faire un empire craint par toute la galaxie.

La façon de confronter ce général ambitieux est résumée en cette citation :

  • « Donc si cette crise doit être surmontée, ce sera… par une méthode autre que l'usage basique de la force. Il nous faut trouver le point faible de l'ennemi. » (page 36, tome 2)

 

Évidemment, je vous dis pas ce qui arrive au général, je veux pas « enlever le punch » pour ceux qui le liront. La partie sur le Mulet, est à la fois déroutante et géniale; On se demande vers la fin du tome 2 : comment un paria de la société est devenu à force d'ambition, le maître quasi absolu de la galaxie.

Dans les rouages de l'intrigue, il est prévisible que le Mutant veuille dominer Terminus, la planète ou est située la Fondation, celle qui est au sommet des prodiges techniques avec tous les avantages qui s'en découlent. Cependant la victoire paraîtra sûrement trop facile au lecteur et alors comme par enchantement, apparaît le spectre d'une seconde fondation, auquel le Premier Citoyen (nom officiel du Mulet) s'acharne à débusquer et bien sûr une suite rocambolesque de déroulements d'aventures.

 

Une dernière citation sur le thème du héros, celui dont on s'abandonne aveuglément au point de renoncer à l'usage responsable de son libre arbitre; (on vise surtout Hari Seldon, ce héros, lequel avait un plan préétabli pour gérer les crises à venir). Pour récapitulé; s'abandonner avec confiance aveugle sans agir au meilleur de soi-même pour résoudre les problèmes équivaut à une attitude de résignation et de défaitisme…

  • « Voilà une civilisation tout entière élevée dans la croyance aveugle qu'un héros du passé a tout prévu et s'occupe de tous les détails de leurs foutues existences. » (page 291, tome 2)

 

Cette croyance aveugle dans la vertu du héros peut aussi s'appliquer aux figures actuelles ou historiques : religieuses, politiques, philosophiques, sportives et autres.

Ma façon de voir est qu'un croire en un héros ne doit jamais se faire au détriment d'être proactif et de combattre courageusement pour une cause à laquelle j'ai la ferme conviction qu'elle est valable et mienne.

Comme finale, je vous invite à lire cet article du devoir sur le phénomène Asimov, signé par Catherine Lalonde, 6 octobre 2012 (assez long, mais super bien écrit) :

 

 

https://www.ledevoir.com/lire/360823/isaac-asimov-le-futurologue-immobile

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 Il y a aussi la reprise du classique de Pierre Bordage «Les guerriers du Silence»; cycle 1 seulement que j’ai lu, laquelle a été remouler à la manière de P. Ogaki pour faire une série de quatre tomes. Hélas, le rythme est à mon avis trop rapide, mais comme l’œuvre de Bordage contenait plus de 1800 pages… y’a pas le choix de défilé à vitesse… grand V. Un formidable effort de synthèse a été fait, je l’accorde.

Le seul point un peu faible est qu’on a surexploité les séquences d’actions, à la mode hollywoodienne, alors qu’à mon avis, les auteurs auraient pu rehausser via les dialogues le côté résolument philosophique du roman; ce qui m’a frappé entre autres est ces deux points à :

 

  • Des dérives d’une religion totalitaire associée à un régime politique mégalomane et assoiffé tellement de contraindre les divergents; ça ressemble étrangement au style de pensée unique que les médias et gouvernements nous proposent depuis le début de la crise du Covid-19 de la depuis mars 2020…

  • Secundo, du rôle important que peut jouer une personne ordinaire, en l’occurrence Tixy Otty, héros majeur des «Guerriers du Silence1», homme à la vie morne, qui noie son ennui dans l’alcool, l’indifférence à soi-même et aux autres, se complaisant en une existence médiocre. Celui-ci devient graduellement un héros extraordinaire, pas dû à ces mérites seuls, mais surtout en s’entourant d’une équipe avec lui, et grâce à l’appui de sa partenaire de vie.

 

Bref, que vous lisiez le roman ou les BD, chaque version d’un ou des récits vous apportera de beaux moments de plaisir et de réflexion.

 

 

 

Cordialement, El Griffon